Saint-Henri des Tanneries
Notre histoire débute à la fin du XVIIe siècle en 1685 plus précisément, au moment
où Jean Mouchère maître-tanneur s'établit au Coteau Saint-Pierre. Ce choix n'est pas le fruit
du hasard. La présence d'un ruisseau tributaire de la rivière Saint-Pierre, essentiel pour le
tannage des peaux, n'est sûrement pas étrangère au choix de Mouchère. En 1781, on dénombre à
cet endroit, qui se situe aujourd'hui sur la rue Saint-Jacques sous l'échangeur Turcot, la
présence de 11 maisons. Le petit bourg est essentiellement orienté vers le tannage du cuir.
Quelques années plus tard en 1810, l'agglomération est suffisamment importante pour justifier
la construction d'une chapelle desservie par les sulpiciens. Le recensement dressé en 1825
révèle que le village compte 466 habitants dont la majorité sont reliés au travail du cuir. C'est
à cette époque que la construction du canal Lachine vient pour la première fois modifier le
paysage en coupant en deux le territoire situé au sud du village. Quelques années plus tard, le 19
novembre 1847, les habitants du village des tanneries assistent à la traversée de leur
territoire par le premier train reliant Montréal à Lachine. Graduellement, le pôle économique
se déplace du vieux village vers le canal Lachine. Le village des tanneries se trouve ainsi relégué
à la périphérie.
Ville de Saint-Henri
Moins de deux ans après la construction de l'église, les propriétaires de Saint-Henri
adressent une pétition en 1871, au conseil du comté d'Hochelaga, réclamant la création de la
ville de Saint-Henri. Le lieutenant-gouverneur du Québec donne suite à cette demande en
constituant le 21 décembre 1874 la Ville de Saint-Henri. Deux mois passent avant que la ville
ne soit constituée civilement en vertu de la loi 38 Victoria chapitre 72. Le 20 mars 1875, Narcisse
Trudel est assermenté comme premier maire et préside la première réunion du conseil
municipal.
Pendant 30 ans, la ville de Saint-Henri prendra forme. Au moyen d'exemptions de taxes, de nombreuses industries y seront établies.
Cette révolution industrielle attire une abondante main d'oeuvre. La ville de Saint-Henri passera de 2500 habitants en 1875,
à 25000 en 1905. Pour servir cette population, toute l'infrastructure d'une ville doit y être construite: rues, égouts,
eau potable, électricité, transport, école, etc. En 1905, la dette devient trop lourde. Saint-Henri s'annexe à
la ville de Montréal.
Le 30 octobre 1905 marque la fin de l'existence de la ville de Saint-Henri en tant
qu'entité autonome. Dorénavant Saint-Henri sera considéré comme un quartier de Montréal.
Un quartier ouvrier
A partir de la fin du 19e siècle plusieurs industries se sont installées le long du canal de Lachine
dont la Merchant qui deviendra plus tard la Dominion Textile. Plusieurs milliers d'ouvriers
travaillent dans ces usines. D'autres usines bordent le nord du quartier. Les résidences des
ouvriers se situent à proximité de leurs usines. La rue Notre-Dame, rue commerciale regroupe
un grand nombre de commerces.
Le début du 20e siècle voit de nombreuses autres usines s'ajouter au nouveau quartier
de la métropole du Canada. Les milliers d'ouvriers des usines doivent loger à proximité de leur emploi. Le territoire est entièrement bâti depuis cette époque. Pour desservir les
besoins de cette population, de très nombreux commerces se sont regroupés le long de l'artère principale du quartier: la rue Notre-Dame.
La grande crise économique des années 1930 touche durement le quartier, qui ne
s'en relèvera pratiquement pas. Le chomâge chronique entraîne la pauvreté.
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